CONFERENCE DEBAT DU 23 JANVIER 2008
A NANTERRE

Conclusion
par Maître Xavier LEDUCQ


Xavier LEDUCQ

 

Maître Xavier LEDUCQ, avocat à la Cour, est membre du Cabinet CRTD & Associés, sociétés inter-barreaux.

 

Mesdames, Messieurs,

Faire une synthèse en si peu de temps imparti relève du défi !
Car le sujet de l'accès à la preuve en expertise est naturellement vaste : bien souvent, la preuve n'est pas absolue elle est fortement relative, comme d'ailleurs nous le rappelle le théâtre de Pirandello « A chacun sa vérité » !
Je vais tenter en 3 minutes de développer les 3 points majeurs qui ressortent de ces très riches communications.
Les intervenants qui se sont succédés depuis le début de la conférence ont été passionnants et instructifs sur leur métier respectif, sur leur méthodologie d'approche expertale.
Cependant, au delà de la diversité des expériences, nous retrouvons 3 préoccupations majeures :

Une méthodologie maîtrisée, de la rigueur dans la démarche, de la capacité à gérer les priorités et les urgences (j'en veux pour preuve les derniers intervenants sur l'accidentologie), et aussi (et surtout ?) une capacité à fédérer les compétences autour de soi : les sujets deviennent de plus en plus complexes ; n'est-ce pas d'ailleurs à ce titre que les justiciables ont recours à l'expertise judicaire ?
L'expert judicaire doit être aussi un homme orchestre capable de fédérer les savoirs autour de lui pour trouver la bonne compétence là où elle se trouve.

Une pédagogie; il faut savoir analyser, investiguer, interpréter mais aussi expliquer. Ce point est capital, et nous en avons compris l'importance absolue d'une part avec le film sur le carambolage de l'A10 et d'autre part avec la communication sur les récentes évolutions technologiques en matière d'imagerie médicale.

Une objectivité, et cela a été rappelé de façon constante par chacun des intervenants. Ce point est capital car l'objectivité c'est l'indépendance et l'indépendance c'est la légitimité de l'homme de l'art aux yeux des justiciables et du magistrat qui l'a nommé.

Ces 3 points s'adossent les uns aux autres :
- la pédagogie complète la méthodologie dans l'intervention de l'expert judiciaire
- et l'objectivité apporte la légitimité nécessaire à l'intervention de l'expert judicaire.
Cependant, et je terminerai sur ce point, il manquait peut être un aspect dans les communications : l'insuffisance dans l'information descendante entre les magistrats et les experts judicaires sur le suivi des affaires une fois le rapport déposé.
Comment mon travail a-t-il été pris en compte par les magistrats ?
En effet, trop peu souvent les experts ont des retours sur cet aspect.
Il y aurait peut être là une piste d'amélioration qui participerait à une sorte de cercle vertueux d'amélioration continue.

Je vous remercie pour votre attention.

 

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